Gratuit, c’est fini… Et dire que c’était le mot de mes premiers amours…

Internet, c’est quand même bien. Tout un réseau de gens et d’informations s’entremêlant, s’échangeant des contacts et des nouvelles, s’informant, se divertissant… Et tout cela, à moindre coût. Du moins, c’est ce que tout le monde allait croire durant quelques années dorées où le net allait offrir tout et tout de suite. Gratuitement, à l’oeil, pour pas un rond. Et puis, au fil des mois, les médias ont découvert qu’il était de moins en moins viable d’offrir (légalement ou illégalement) tout un contenu culturel ou informatif au public sans aucune rémunération pour les producteurs. Je ne vais pas parler ici de la loi Hadopi ou de la licence globale qui a déjà fait tant débat en Belgique et en France car je ne connais pas encore réellement les tenants et les aboutissants que pour me permettre un papier sur ce sujet. Je tiens surtout à parler de la gratuité de l’information.

Le premier exemple qui me vient à l’esprit concerne l’émission-phare de Daniel Schneidermann, Arrêt sur images. Auparavant diffusée sur France 5, le magazine est déprogrammé après une bisbrouille entre les patrons de France TV et le journaliste en question. Finalement, ce dernier débarque sur le net avec un tout nouveau site, des nouvelles vidéos et tout cela… moyennant un abonnement. La pilule passera mal pour certains internautes mais au bout de quelques semaines, ils se laissent tenter par cette formule inédite. D’ailleurs, Schneidermann n’hésite pas à proposer des abonnements moins coûteux pour les étudiants et autres personnes en difficulté financière. Et désormais, l’équipe de Daniel Schneidermann est renforcée et produit même trois émissions hebdomadaires. Une affaire!

Argent sur Internet
Comment rentabiliser l'information sur le net ?

Les médias électroniques français se demandent également comment rentabiliser leurs frais. Car un site web a beau proposé des informations croustillantes et gratuites, les journalistes doivent quand même être payés pour leur travail (enfin, il me semble). Du coup, les rédactions cherchent de nouveaux moyens de retrouver un peu d’argent pour alléger leur fin de mois. Et voici que Bakchich.info nous pond un magazine… papier. Un comble: alors que le monde de la presse écrite a peur de se faire dévorer par l’omnipotent Internet, voici que Bakchich entame le chemin inverse. Et finalement, la formule ne fait pas mouche. Peu de gens se jettent sur l’hebdomadaire, souvent connu des spécialistes du web mais encore invisible pour les quidams. Un abonnement pour le site voit également le jour mais là non plus, ce n’est pas la foule des grands soirs. Bakchich a de plus en plus peur de passer à la trappe…

Rue89.com a fait mieux. Reprenant l’idée d’un étudiant anglais qui a réussi à gagner près d’un million de dollars en vendant des pixels de pub sur une page web vide (voir ici), le site d’informations français a décidé d’offrir un mur aux internautes désireux de faire leur pub et d’ainsi faire un don à la rédaction. Le mur n’est certes pas encore rempli mais il connaît un certain succès et permet au site de connaître un peu de répit au niveau financier.

Récemment, on a également appris que le célèbre journal New York Times allait contraindre les lecteurs de son site à payer l’information d’ici 2011. Le quotidien américain avait déjà tenté l’expérience mais elle s’était révélée sans succès. Cette fois, Rupert Murdoch, le magnat de la presse américaine et propriétaite du célèbre NYT, veut obliger les internautes à payer un abonnement au bout de certains articles consultés par mois. Ni le nombre d’articles lus, ni le coût de cet abonnement n’ont encore été révélés. Mais à ce jour, seulement 25% des internautes américains ont annoncé bien vouloir payer l’information s’ils étaient contraints de le faire… 2011, c’est pourtant demain…

Mais les médias généralistes ne sont pas les seuls à être confrontés à cette crise économique. Le site cycliste Vélostory.net, qui propose des nouvelles tant des professionnels que des amateurs, ne peut plus suivre le rythme et deviendra ainsi payant dès le 12 février prochain. Deux formes d’abonnement seront ainsi mis en place pour permettre de soutenir les dizaines de correspondants qui permettent au site de fournir ces informations. Et l’explication du créateur du site tombe sous le sens: si des magazines qui proposent les mêmes informations à un prix parfois exubérants se vendent dans les kiosques et sont lus par les mêmes lecteurs, pourquoi ceux-ci ne payeraient-ils pas l’information sur Internet alors qu’elle sera tout aussi claire et encore plus rapide? La bataille entre Internet et la presse « papier » n’est donc pas prête de se terminer.

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2 réflexions sur “Gratuit, c’est fini… Et dire que c’était le mot de mes premiers amours…

  1. Il est vrai que cela peut rapporter beaucoup, mais certainement pas assez pour des journaux en ligne. Ils ont des coûts liés aux serveurs et aux journalistes plus importants. C’est le problème actuellement.

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