Rasmussen, Hesjedal, Ricco’: le peloton a compris qu’il fallait avancer

Chaque hiver, c’est reparti. En cette période si pauvre en exploits sportifs, l’actualité cycliste se tourne vers les bas-fonds de la Petite reine. Dans ces affaires puantes qui fichent le moral de tout fan des deux-roues en l’air. En 2011, ce fut Alberto Contador et les suites (et presque fin) de l’affaire Puerto. En 2012, voici Lance Armstrong et ses confessions trop tardives. Cette année, on commence par les rêves cachés de Riccardo Ricco’, banni douze ans des pelotons. Cela s’est poursuivi avec le grand déballage de Michael Rasmussen, maillot jaune déchu proche de la retraite, avec des ramifications jusqu’aux confessions de Ryder Hesjedal, vainqueur du Giro 2012 qui n’aurait usé de dopage qu’à ses débuts pros.

Michael Rasmussen
Le cycliste Michael Rasmussen chez Rabobank en 2007 – Photo: AFP

La lassitude semble poindre chez les fans de cyclisme (les #Twittcyclos sur Twitter notamment) qui ne prennent même plus la peine de partager des articles sur ces affaires qui ressassent un passé qui semble avoir été répété encore et encore… L’affaire Armstrong a déjà achevé les espoirs de stars propres dans les années ’90 et au début du XXIe siècle. Alors, entendre qu’un Hesjedal a appris, grâce à Rasmussen, à se doper à ses débuts dans le monde du VTT. Ou que toute l’équipe Rabobank avait usé de produits illicites durant le Tour de France 2007, duquel Rasmussen fut exclu pour ses problèmes de localisation. Ou encore que Michael Boogerd semblait être le gourou du dopage dans l’équipe Rabobank durant sa carrière au sein de la formation néerlandaise. Non, rien de tout cela n’étonne plus.

C’est bien malheureux mais le monde cycliste a bien compris qu’il était temps d’avancer. Il faut bien entendu évoquer ce passé pour mieux se parer face à ces errements. Mais ce n’est que pour mieux appréhender le futur, pour mieux protéger les jeunes pousses qui arrivent dans un peloton encore en phase de guérison. Il n’est plus temps de regarder derrière son épaule, pour pointer du doigts ces erreurs. Elles doivent être révélées dans leur entièreté, à la manière d’un Ricco’, prêt à tout révéler quitte à se griller, pour arriver à les combattre durant ces prochaines années. Voici ce qu’il en coûte. Et le peloton actuel, tout comme les fans de la Petite reine l’ont bien compris.

L’hiver risque d’être encore bien animé, au vu des révélations de Michael Rasmussen et les réactions qu’elles engendrent. Oscar Freire, accusé de dopage par le Danois, a lui-même expliqué que son ancien équipier chez Rabobank était un coureur « qui n’aurait jamais dû être cycliste vu les dommages qu’il a causé à ce sport ». Freire a presque raison: le cyclisme n’a plus besoin de ce genre de cycliste dans le futur non plus. Le nettoyage a commencé, le peloton compte bien rester clean pour se rassurer, lui et les spectateurs.